Vendredi 4 septembre 2009
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--> Cette question a une réponse apparemment évidente : oui, il existe encore un Parti Socialiste. Pour preuve, ses protagonistes se sont réunis le week-end dernier à la Rochelle. Et
Martine Aubry nous saura gré de l'approuver lorsqu'elle se félicite de ce week-end "formidable". Mais voilà, faut-il encore y croire ? Oui, d'après la bonne humeur générale qui semble enfin
s'être installée sous le soleil socialiste. Si le parti a fait montre d'une certaine maturité, en admettant que l'antisarkosisme ne pouvait constituer en lui seul un projet politique et en
enterrant la hache de guerre entre ses éléphants, il n'en reste pas moins que la crédibilité ne lui est pas encore tout à fait réacquise.
--> Combien de fois a-t-on entendu ce discours prometteur d'un PS obsolescent prêt à se reconstruire, à se
"refonder", comme l'a annoncé Martine Aubry lors de cette université d'été 2009 ? Car, depuis mai 2007 et l'éclatement progressif du PS qui s'en est suivi, les socialistes n'ont eu de cesse
d'affirmer qu'il était temps que le parti entame une réforme intérieure profonde, servie par une remise en cause de sa stratégie politique et un rajeunissement de ses troupes. Mais ces palabres
n'ont jamais été concrétisées par des faits convaincants. Après avoir peu ou prou
résisté à l'oppresseur UMP aux municipales de mars 2008, le parti a vacillé aux élections européennes de juin 2009, après la secousse de son frère ennemi écologiste. Ce résultat est le fruit
d'une politique éminemment confuse depuis deux ans, moins sans idées que sans direction, et l'on peut donc s'interroger sur la véracité des paroles optimistes de la première secrétaire et de ses
acolytes.
--> Ce week-end de rentrée à la Rochelle fait donc état d'un parti prostré qui semble vouloir s'en sortir en
choisissant la voie de la maturité et du collectif. En effet, pas une ombre au tableau fraternel cette fois-ci : pas de Delanoë excédé, de Moscovisci esseulé, de Royal semoncée. Même Arnaud
Montebourg arborait un look décontracté. Les divergences sont pourtant là : la question du non-cumul des mandats, par exemple, ne fait pas encore l'unanimité. Tous semblent en revanche d'accord
pour s'ouvrir enfin à la gauche, toute la gauche. Et le MoDem ? Oui, aussi. Mais ont-ils le choix ?
--> Comme l'a expliqué Jean-Christophe Cambadélis sur le plateau de Michel Field (LCI), il s'agit pour le PS de trouver des alliés face à la majorité sarkozyste qui ne cesse de s'engraisser,
faisant désormais cohabiter Eric Besson et Philippe de Villiers sous le même toit. C'est pourquoi le PS doit lui aussi concrétiser un projet de rassemblement, si bien ourlé par Nicolas Sarkozy,
et se construire ainsi une base d'électeurs fidèles. Non pas qu'il faille s'approprier les centristes ou les gauchistes radicaux, mais les convaincre le temps d'une élection qu'ils ont ensemble
un adversaire commun. Cela permettrait un second tour plus en cohésion pour le PS.
--> Finalement, seul l'avenir nous dira si le PS réussira à tenir sa promesse et retrouver la légitimité qui lui fait défaut. Pour que la Rochelle ne soit pas un discours vain de plus.
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Par Mister Green
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